Valletta

Cathédrale St Jean Fort St Elme théâtre Manoël Musée d'archéologie Palais des Grand Maîtres Hôpital des Chevaliers Birgu Grand Harbour

La Valette a été bâtie suivant le choix du Grand Maître Jean Parisot de La Valette suite au Grand Siège. Le site choisi pour la nouvelle capitale est situé sur le mont Sciberras et entre 2 ports, ce qui lui confère par ailleurs une grande valeur stratégique. L’architecte militaire italien F. Laparelli s’attacha en priorité à édifier les fortifications et à dessiner le plan géométrique de la ville. La Valette a été conçue en damier (9 rues dans le sens de la longueur et une douzaine dans le sens de la largeur), ce qui permet de se repérer très facilement. Son élève maltais, G. Cassar poursuivit son œuvre et édifia

le Palais des Grands Maîtres, l’Hôpital et les premières auberges et églises de La Valette.

Au départ, le but poursuivi était de construire une cité fortifiée et elle fut un modèle d’urbanisme pour l’époque. Jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, des travaux d’aménagement et d’embellissement se poursuivent, transformant La Valette en l’un des plus intéressants exemples d’art baroque. A partir du XIXème siècle, elle devient une ville-entrepôt et est dotée en 1888 d’un arsenal qui peut accueillir plus de 10000 navires. Pendant la seconde guerre mondiale, la ville a énormément souffert des bombardements intensifs des aviations italiennes et allemandes. Parfaitement restaurés, les édifices endommagés ont aujourd’hui retrouvé leur éclat d’antan. Aujourd’hui, La Valette est surtout la capitale économique et touristique de l’île, grouillante de vie pendant la journée et assez calme le soir.

La cathédrale St Jean

" Notre église principale de la Sainte Religion de Jérusalem " est l’ancien nom donné par les chevaliers à cette église édifiée sur les dessins de G. Cassar. Dédiée à St Jean-Baptiste ; elle devint, au fil des aménagements architecturaux dont elle fit l’objet, l’un des chefs-d’œuvre de l’art baroque. Promue cathédrale en 1816, elle partage depuis le titre de co-cathédrale avec celle de Mdina.

On est frappé par l’austérité de la façade qui ne laisse en rien présager les somptueuses décorations intérieures. Le balcon surplombant le portail entouré de deux colonnes doriques était utilisé pour annoncer l’élection d’un nouveau Grand Maître de l’Ordre à la population.

La nef centrale, longue de 58 mètres est entourée de chapelles latérales consacrées aux différentes langues de l’Ordre. Aujourd’hui reliées entre elles, les chapelles ne communiquaient pas entre elles à l’origine et constituaient ainsi des unités coupées de l’église. Au-dessus de la nef centrale, Cassar a opté pour une gigantesque voûte en berceau, rejetant les arches transversales plus traditionnelles. Mattia Preti, en 1661, entreprend la décoration d’une église jusque là austère, entre autre la gigantesque fresque illustrant l’existence et le martyre de Saint Jean-Baptiste. Avec la foisonnante richesse de l’esthétique baroque, la décoration intérieure n’en reste pas moins harmonieuse. Sculptures, dorures, peintures et marbres colorés offrent une vision fastueuse et glorieuse de la religion.

Les somptueuses décorations du pavement répondent à celles de la voûte. La cathédrale est aussi une vaste nécropole, le sol est en effet recouvert de 369 pierres tombales de marbre polychrome sous lesquelles sont enterrés les chevaliers de grade inférieur pour perpétuer leur mémoire. Les Grands Maîtres reposent quant à eux dans les sarcophages de la crypte ou dans les magnifiques tombeaux de marbre de leurs chapelles respectives.

Dans le musée de la cathédrale sont exposés de magnifiques vêtements sacerdotaux et des tapisseries à motifs religieux exécutées d’après des cartons de Rubens. L’oratoire contient le plus célèbre tableau que l’on puisse voir à Malte, la Décollation de Saint Jean-Baptiste, peinte par Le Caravage en 1608. On peut aussi voir une autre de ses peintures : le Saint Jérôme dans la cathédrale.

Le palais des Grands Maîtres et l’armurerie

Ce magnifique palais, construit en 1571 par Cassar, a été jusqu’à l’arrivée de Bonaparte le lieu de résidence des Grands Maîtres. Conformément aux usages en cours dans les palais italiens du XVème siècle, le premier étage était réservé aux salles officielles et aux appartements et le rez-de-chaussée abritait les écuries, les cuisines et les communs. Il accueille aujourd’hui les bureaux du président de la République ainsi que le Parlement maltais, ce qui explique que certaines pièces ne peuvent pas être visitées. Une des cours du palais est appelée la cour de Neptune où se trouve une statue du dieu de la mer attribué à Jean de Bologne, sculpteur à la cour des Médicis.

Dans la cour Pinto, se trouve l’horloge de Pinto qui possède 4 cadrans indiquant l’heure, le jour, le mois et les cycles de la lune. Des figurines mauresques battent les heures à l’aide de marteaux de forgeron. A l’intérieur se trouvent différentes salles magnifiques comme la salle du Grand Conseil des chevaliers, la Chambre Rouge des ambassadeurs, la Chambre Jaune et la salle des Tapisseries ornée de magnifiques tapisseries des Gobelins.

L’Armurerie expose l’une des plus riches collections d’armes d’Europe. Parmi les 6000 pièces (lances, arbalètes, rapières, boucliers, épées, mousquets et pièces d’artillerie) se trouvent les armures de Grand Maître ; celle d’Alof de Wignacourt pesant plus de 50 kg.

Le théâtre Manoël

Construit en 1731 par le Grand Maître Manoël de Vilhena pour " l’honnête divertissement du peuple ", ce petit théâtre de cour semi-circulaire est inspiré du théâtre de Palerme. Les cartouches des loges retracent des scènes champêtres dans l’esprit bucolique et charmant du XVIIIème siècle. Avec le plafond doré, ils font de ce cadre un véritable joyau d’harmonie et de délicatesse. Deux troupes se partageaient au XVIIIème siècle la scène du théâtre Manoël : une troupe française pour les comédies et une troupe italienne pour l’opéra. Compte tenu de l’absence de femmes dans la troupe italienne, cette dernière devait faire appel à des jeunes hommes pour les rôles féminins. Sérieusement touché par les bombardements aériens, le théâtre fut finalement minutieusement restauré par des artisans maltais en 1960. Aujourd’hui, le bâtiment est ouvert comme musée le matin et abrite la troupe du Théâtre national. Il a accueilli de très grands interprètes contemporains comme Yehudi Menuhin et Rostropovitch.

Le musée d’archéologie

Edifiée en 1571, cette auberge destinée à abriter le siège de la langue de Provence fut remaniée au cours du XVIIème siècle. Seule auberge aujourd’hui ouverte au public, elle permet de se faire une idée de la magnificence dans laquelle vivaient les chevaliers de l’Ordre de Malte. Mais l’auberge de Provence mérite surtout une visite pour la collection unique de pièces archéologiques qu’elle abrite depuis 1957. Bénéficiant d’une présentation attrayante et de références claires, cette collection raconte en un raccourci passionnant près de 5000 ans de la vie de l’archipel, des premières poteries à dessins géométriques découvertes dans la grotte de Ghar Dalam aux vestiges puniques et romains. Outre les étonnantes anses de coupes à têtes d’animaux et les maquettes des plus anciens temples mégalithiques connus, on peut voir des statuettes féminines aux formes généreuses qui célébraient le culte de la fécondité, comme la Vénus de Malte ou l’énigmatique Sleeping Lady.

L’hôpital des Chevaliers

Situé près du fort St Elme, il rappelle que l’Ordre des chevaliers de Saint-Jean n’avait pas seulement une fonction militaire mais qu’il fut dès l’origine un ordre hospitalier. De grande taille, l’édifice, gravement endommagé durant la dernière guerre, possédait une salle non soutenue de piliers qui passait, avec ses 174 m de long, pour l’une des plus longues d’Europe. Elle pouvait contenir 600 lits. De tous les hôpitaux d’Europe, celui des chevaliers était le plus moderne, disposant de plusieurs salles de chirurgie, de quartiers d’isolement pour les malades contagieux et d’un confort surprenant pour l’époque (vaisselle en argent, lits individuels, moustiquaires, édredons,…).

Le Fort St Elme

Il constitue un point stratégique de première importance. Avant l’arrivée des chevaliers une tour de guet s’élevait sur son emplacement. La Valette, réalisant que la défense de l’île exigeait des forteresses disposées autour du grand port fit construire un premier édifice. C’est celui-ci qui fut le scénario de la phase du Grand Siège. Les Turcs s’étaient rendus compte qu’afin de s’assurer un mouillage sûr pour leur flotte dans l’un des 2 ports de chaque côté de la péninsule, il fallait d’abord neutraliser le Fort.

Ils lancèrent alors une attaque massive et désespérée sur cet avant-poste. Le 23 juin 1565, les quelques 600 défenseurs furent abattus jusqu’au dernier homme, maîtrisés par les vastes hordes turques, à la suite d’un siège qui dura un mois entier. A la fin du Grand Siège, un nouveau fort en forme d’étoile est bâti 2 ans plus tard par Laparelli. Actuellement, le fort comprend un musée de la guerre et est aussi utilisé par la force de police de Malte. La partie inférieure a obtenu sa célébrité en tant que site du tournage du film "Midnight Express " d’Alan Parker.

Les fortifications et les ports

Les fortifications de La Valette, érigées d’après les plans de Laparelli, entre 1556 et 1570, sont dans leur ensemble assez bien conservées. Après le Grand Siège, le Grand Maître a une obsession : faire de la nouvelle capitale de l’Ordre l’une des cités les mieux protégées du monde. Une gigantesque ceinture de fortifications entoure la ville et des bastions sont érigés en de nombreux points des remparts. Certains ouvrages n’ont plus été entretenus, ce qui explique l’impossibilité actuelle de pénétrer dans certains bastions et cavaliers. Néanmoins , une promenade le long des fortifications peut être faite de nos jours et elle offre des panoramas variés sur les deux ports. D’un côté, on peut admirer le port de Marsamxett et apercevoir plus loin la presqu’île de Ta’Xbiex ou Manoël Island. De l’autre côté, on peut admirer le Grand Port et à l’arrière plan les 3 Cités. Celui-ci est surtout utilisé comme port international où l’on peut voir de nombreux pétroliers ou cargos. Le long des fortifications du côté du Grand Port se situent les très beaux jardins de Lower Barraca et surtout d’Upper Barraca.


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Athénée des PAGODES - rue de Beyseghem, 141 - 1120 Bruxelles
T : 02.266.11.50 par E-mail : sec.pagodes@brunette.brucity.be


M. Hamelrijckx   Novembre 2002    Athénée des Pagodes