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A Alexandrie, deux marchands (mandés ou non par le doge, tout porte à le croire, mais rien ne le prouve) cachèrent les os précieux dans un panier rempli de viande de porc, viande impure à laquelle les douaniers musulmans n'auraient touché pour rien au monde. Et ainsi emballée, la dépouille du saint entreprit son triomphal voyage vers Venise. Une légende appropriée fut aussitôt mise sur pied: le saint avait jadis fait naufrage sur une île de la lagune, où un ange lui était apparu, l'accueillant avec ces paroles:"Pax tibi, Marce evangelista meus" (Que la paix soit avec toi, ô Marc évangéliste). |
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La basilique que nous admirons aujourd'hui a des fondations du XIe siècle. Elle est construite sur le modèle de l'église des Saints-Apôtres à Constantinople, selon le plan en croix grecque. Au cours des siècles suivants, au fur et à mesure que la puissance et la richesse de Venise augmentaient, la basilique fut considérablement modifiée. Son apparence actuelle date de la fin du XVe siècle et du début du XVIe, à l’époque où la République commençait à décliner à la suite de la découverte de nouvelles routes menant aux Indes : après l’exploit de Vasco de Gama en 1499, la Méditerranée n’était plus le seul moyen pour accéder à l’Est, et Lisbonne menaçait sérieusement Venise dans sa suprématie de plaque tournante commerciale. |
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Comme il fallait faire étalage de cette prospérité, la basilique fut gratifiée de nouveaux dômes (chacune des coupoles basses fut recouverte d'une seconde coupole à charpente de bois revêtue de plomb, beaucoup plus haute et surmontée d'une lanterne et d'une croix dorée), le nartex fut agrandi, on incrusta des marbres rares, on ajouta des mosaïques,...Les arcades supérieures, jusqu’alors simplement arrondies, ont subi un changement notable entre la fin du XIVe siècle et la première moitié du XVe siècle : elles ont été couronnées de sculptures gothiques qui forment une frise dentelée. |
La façade principale de la basilique est divisée en 5 portails surmontés de 5 grands arcs. Celui du centre est fermé par des portes de bronze rapportées de Byzance au XIe siècle. Sur la Loggia dei Cavalli, au-dessus du portail central, se dressent les très célèbres chevaux de bronze doré provenant du sac de Constantinople de 1204, qui forment le seul quadrige de l’antiquité qui nous soit parvenu aujourd’hui .
Le portail donne sur le portique ou vestibule. Les mosaïques montrent dans l'ordre chronologique des scènes empruntées aux 2 premiers livres de l'Ancien Testament, la Genèse et l'Exode. Sur la première coupole, à droite de l'entrée principale : la Création. Sur la voûte, au centre, le déluge, l'arche de Noé et la tour de Babel. L'histoire d'Abraham est représentée sur la coupole, à gauche de l'entrée principale.
L'intérieur de la basilique
La première impression que l'on a
de l'intérieur de la basilique Saint-Marc dépend, en partie,
de l'heure à laquelle on la visite. Il est vrai que la basilique
est sombre, chargée d'or, d'une richesse incroyable, et qu'il est
préférable de la visiter tôt le matin ou en tout cas
avant-midi parce qu'aujourd'hui les seules ouvertures laissant passer la
lumière du jour sont celles des coupoles et des grands arcs situés
du côté sud.
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Les murs au-dessus des galeries sont couverts
entièrement de ces fameuses mosaïques sur une surface de 4000m2
environ, ce qui constitue le plus grand ensemble qui existe en Occident.
Non seulement les coupoles mais aussi les arcs, les colonnes et les murs
de la basilique sont ornés de mosaïques. C'est en cela qu'elle
diffère de son modèle byzantin, dont les personnages, de
surcroît, étaient raides et présentés isolément.
La grande originalité des mosaïques vénitiennes est
la mise en scène de personnages, qui communiquent les uns avec les
autres.
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Le trésor le plus célèbre de Venise se trouve derrière le maître-autel. Il s'agit de la Pala d'Oro, retable d'or incrusté de perles, cloisonné de 80 émaux et serti de quelques 3000 pierres précieuses et semi-précieuses de 1m sur 3m, qui fut réalisé, en 978 par des orfèvres de Constantinople pour le doge Pietro Orseolo, agrandi aux XIIe et XIIIe siècles et achevé, dans le style gothique, en 1345 par un orfèvre siennois.
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Le pavement en marbre et en mosaïques du XIIe siècle, où alternent figures animales et motifs géométriques, témoigne lui aussi du goût byzantin qui caractérise la décoration.