La bascule publique (extrait)

La bascule publique fit partie du paysage ollégien pendant 48 ans, de 1924 à 1971. Elle fut intimement associée à la vie économique du village. Certes, ce bâtiment était avant tout fonctionnel et n’avait pas une valeur esthétique remarquable mais sa disparition, inévitable il est vrai vu sa situation sur la voie publique, nous prive d’un témoin du passé. Son histoire mérite toute notre attention, plus particulièrement si l’on prend en compte les nombreuses péripéties qui ont précédé sa mise en service en 1924.
 
Premières initiatives (1911 - 1913)

Le souhait de la commune d’Olloy de pouvoir disposer d’un pont à peser à l’usage des habitants du village fait son chemin, semble-t-il, à partir de 1911, suite à une opportunité qui se présente aux responsables communaux.

En effet, le 24 juin 1911, le Conseil évoque l’éventualité du rachat par la commune de la bascule ayant appartenu précédemment à l’industriel Léopold Masure pour la modique somme de 1000 francs. Le vendeur est la Société des Carrières d’Olloy dont Masure fut le directeur du siège d’exploitation.

L’affaire se complique toutefois dans la mesure où Léopold Masure se considère toujours comme le seul et unique propriétaire de son pont à peser. Une lettre du 25 août ne laisse planer aucune ambiguïté à ce sujet. Parfaitement au courant des rumeurs de proposition de vente, Masure, qui affirme ne plus faire partie de la société et en avoir assigné l’administrateur délégué vu l’impossibilité de terminer ses comptes à l’amiable avec lui, précise qu’il n’a pas apporté de matériel à ladite société lorsqu’il a décidé d’en faire partie et que ce pont à peser, qu’il a fait construire précédemment sur terrain communal et avec l’autorisation de l’Administration communale, lui appartient donc en propre. Il invite la Commune à ne pas se laisser tenter par un marché de dupes et prie le bourgmestre de donner des ordres au garde champêtre afin de ne pas laisser faire de déprédation à l’objet du litige.

Cette mise en garde de Léopold Masure n’empêche pas le Conseil communal, réuni le 26 août 1911, d’accepter l’offre verbale de la Société des Carrières, tendant à céder à la commune le pont à peser avec tous les accessoires (poids, hangar, etc), le tout amené à pied d’oeuvre à l’endroit désigné, pour la somme de 1000 francs, comme la proposition en avait déjà été faite précédemment. La Commune se couvrira de cette dépense par deux années de redevance de la carrière exploitée par ladite société.

Le 14 décembre 1911, soucieux des implications financières de son projet, le Conseil décide de solliciter un crédit spécial du prix d’achat à prélever sur l’excédent du budget de 1911 s’élevant à 2002,30 francs.

De la séance du Conseil communal du 23 décembre 1911, il ressort qu’une nouvelle convention a été passée entre le Collège et la Société des Carrières d’Olloy. Cette convention, qui est acceptée à l’unanimité, prévoit que la Commune devra verser non plus 1000 mais bien 1925 francs, sans suppléments, si elle tient toujours à se porter acquéreur de la bascule, laquelle sera installée prête à fonctionner et ne pourra subir de réparation pendant deux années qu’aux frais du fournisseur.

L’emplacement envisagé, sur un plan établi le 20 mars 1912 par le commissaire-voyer cantonal, est situé rue Grande, actuellement rue des Frères Bouré, juste en face de la maison d’Alzir Ancieaux, sur un excédent du chemin n°1. Il a été procédé à une information de commodo & incommodo, conformément à la dépêche du gouverneur du 18 mars. Cette enquête s’est clôturée le 9 avril 1912 sans qu’aucune opposition ne se soit manifestée. Deux jours plus tard, le 11 avril 1912, le Conseil décide de solliciter l’autorisation pour changement de jouissance de cet excédent de voirie d’une contenance de 30 ca 3/10 de même que l’autorisation d’y établir un pont à bascule et une maisonnette destinée à abriter les appareils de pesage. La Députation du Conseil provincial approuve cette délibération le 10 mai de la même année.
 

Projet d’emplacement de la bascule
Projet d’emplacement de la bascule (en foncé)

Alors que toutes les formalités ont été remplies et que rien, mis à part la question de la propriété de la bascule, ne s’oppose plus à la réalisation du projet, des plaintes s’élèvent et les décisions prises le 11 avril sont remises en cause par une partie du Conseil. Il n’a pas été possible de déterminer avec exactitude l’origine de ce changement d’attitude ni pourquoi les dissensions ne se font jour qu’a posteriori mais de toute évidence certains se posent des questions quant au bien-fondé de l’emplacement choisi et plus particulièrement à l’opportunité d’établir la bascule sur la voie publique, si bien que le Conseil, le 7 septembre 1912, décide de demander au commissaire-voyer s’il n’y aurait effectivement pas lieu de changer l’emplacement de la bascule. Une autre lettre, dont l’envoi est décidé le 21 septembre 1912, prie le commissaire-voyer de déterminer l’emplacement définitif.

(Notre Village, décembre 1998, Ó Bernard Nain)

 

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  Février 1999