Bibliographie  
INTRODUCTION
Il ne s'agit pas ici d'étudier l'histoire, ni de mémoriser des connaissances sous le prétexte de donner une "culture générale" à nos élèves. Il ne s'agit pas davantage de "raconter" l'histoire comme si le passé n'était qu'une succession d'événements sur lesquels nous devrions porter un regard critique : "C'était mieux avant!" , "C'était moins bien avant !".
En fait, "avant", la vie était différente car le contexte était différent. Nos critiques sont, par ailleurs, souvent empreintes de préjugés et de clichés qui nous ont été transmis par l’entremise de notre éducation.

Ce que nous proposons dans les textes qui suivent, c'est d'explorer l'histoire d'une façon empirique. Observer les traces du passé pour tenter de le comprendre, mais aussi pour permettre à chacun d'interpréter et d'analyser ces témoignages d'un autre temps.
Prendre le temps d'observer. Apprendre à se poser des questions sur le passé plutôt que de se satisfaire de réponses toutes faites. En histoire, les affirmations sont souvent discutables et discutées. Rien n'est ni tout à fait clair, ni tout à fait obscur.
Il s’agit également d'emboîter le pas aux archéologues qui nous proposent des pistes d'investigation. Il est indispensable de souligner leur rôle dans la recherche de la vérité historique. Il est intéressant d'observer leurs démarches et d'envisager leurs conclusions comme des "hypothèses plausibles".

En résumé, nous proposons :

- des hypothèses plutôt que des vérités,

- des analyses plutôt que des préjugés,

- des questions plutôt que des réponses toutes faites.

E. ETIENNE



1

Protéger ou servir.
La sécurité sociale, le chômage, les assurances, tout cela n'existait pas au moyen âge. La vie, à cette époque, comportait cependant beaucoup plus de risques qu'aujourd'hui : guerres, famines, invasions et autres malheurs pouvaient s'abattre sur la population.
Les hommes les plus démunis cherchèrent à se faire protéger par les plus riches et les plus forts. En échange de cette protection, ils offraient des services à leur protecteur.
Le pauvre servait le riche comme un fils. Le riche protégeait le pauvre
(personne âgée). C'est ainsi que l'homme puissant reçut le titre de "Seigneur".
Au cours d'une cérémonie appelée "l'hommage", le protecteur (le seigneur) et son protégé (le vassal) se juraient mutuellement fidélité.

Seigneurs et vassaux.
Les seigneurs combattaient à cheval, avec un armement assez lourd. Dès le VIIIe siècle, ils avaient été intégrés à un système de vassalité. Chacun était vassal du roi, mais chaque vassal avait, à son tour, ses propres vassaux (de 10 à 12, en moyenne).


Aider et servir.
Il devient de plus en plus difficile de s'équiper pour la guerre, tant 1’équipement se perfectionne et devient de plus en plus cher à fabriquer.
Le chevalier (soldat à cheval) qui n'est pas assez riche pour se payer les armes, l'armure et le cheval, se mettra au service d'un seigneur qui lui fournira de l'argent ou des terres.
Le serf.
Le serf est un homme qui n'est pas libre d'aller où il veut. Il est au service d'un seul maître. Tout le jour, il peut être appelé et employé par le seigneur. Il n'a pas choisi son métier. Il est devenu serf parce que son père l'était déjà avant lui. En réalité, son travail n'est pas plus difficile que celui des paysans du domaine où il vit.
Le seigneur protège ses serfs contre la famine et les difficultés. C'est le seigneur qui paie ses dettes et le défend en justice. Par contre, le seigneur a le droit de le punir. Il le connaît, lui et sa famille et, très souvent, il lui fait confiance.
C'est parmi les serfs de son domaine que le seigneur choisit le meunier qui cuit tous les pains, le closier qui prend soin des vignes, le couturier(*) à qui il confie ses meilleures terres pour les cultiver. C'est aussi ses serfs qu'il charge de veiller aux ruches et aux travaux. Le serf n'est pas nécessairement une personne pauvre. Il ne paie pas plus de taxes que les autres. Certains serfs vivent même très confortablement.
Lorsque le seigneur donne ou vend une partie de son domaine, il donne ou vend en même temps les gens qui l'occupent, qu'ils soient paysans ou serfs.
(*) Le couturier ici, n'est pas la personne qui confectionne des vêtements.


 
2

Vers 600
Au Maître magnifique,
Moi Audin, reconnais avoir reçu de vous une somme en argent. A la place des intérêts, je vous promets de travailler pour vous chaque semaine pendant deux jours.
Je devrai faire tous les travaux que vous m'ordonnerez.
Quand cinq années seront passées, je devrai rendre vos biens. Et si je suis négligent ou en retard pour ce qui concerne le travail ou le remboursement, je m'engage à rendre vos biens au double, soit à vous-même, soit à celui à qui vous aurez remis votre autorité en ce domaine.


 
3

Vers 730
Au maître,
Pour faire face à mes difficultés, tu m’as fourni (....) sous. Jusqu’à ce que je puisse te rendre ces sous, j'ai accepté de vous servir trois jours par semaine.
Je ferai tout ce que vous m'ordonnerez.
Et si je me montre négligent ou en retard, vous aurez le droit de m'appliquer des punitions corporelles.



 
4

Vers 730
A mon cher Leobastus.
Pour récompenser ta fidélité et ton service, je te libère de toutes les chaînes du service, à cette condition cependant que, tant que je vivrai, tu me serviras; mais que, après ma mort, si tu me survis, tu sois libre, comme si tu étais né de parents libres et que tu ne rendes aucun service à aucun de mes héritiers et tu garderas la propriété des terres que je t'aurai données.


 
5

Vers 730
Moi Gontran, au nom de Dieu, à notre fidèle Poulinos.
Pour ta fidélité et ton service - car tu t’es dépensé pour nous sans compter - nous te donnons le territoire situé dans les limites de notre domaine. Avec tout ce qui dépend de ce territoire comme terres, maisons, vignes, prés, forêts et impôts à prélever sur le travail des paysans qui vivent sur ce territoire.
Ainsi, à compter de ce jour, tu en seras le seul propriétaire. Et tu le posséderas tout au long de ta vie et de celle de ta descendance et tu seras libre d'en faire ce que tu veux.


 
6

Vers 750
L'Eglise est propriétaire de certains domaines.
L'intendant du domaine veillera à ce que chaque paysan paye l'impôt selon ce qu'il a. Que les paysans donnent 1/10 de ce qu'ils ont en pots de miel, en graines, en bottes de lin. Qu'ils donnent 4 Poulets et 15 oeufs. Qu'ils fassent des transports publics avec des chariots jusqu'à 50 lieues et qu'on ne les menace pas de plus. Qu'ils reçoivent des ordres pour entretenir les bâtiments de l'Eglise.
Que 50 hommes fournissent bois et pierres pour le four. Quant aux serfs appartenant à l'Eglise, qu'ils versent les impôts selon leurs moyens. Qu'ils effectuent les travaux dans le domaine trois jours par semaine et qu’ils travaillent trois jours pour eux-mêmes.



 
7

Epidémie vers 630
Lettre de Gallus, évêque de la ville de Clermont-Ferrand à Didier, évêque de la ville de Cahors.
Gallus, à l’évêque Didier, qui est toujours son maître.
De terribles nouvelles nous viennent de Marseille.
Une épidémie ravage toute la ville. On ne compte plus le nombre de morts par la maladie.
L’épidémie dévaste presque toute la province.
Ordonnez, maître, qu’on envoie des gardes et que personne n’ose sortir de la ville pour se rendre aux foires qui se tiennent dans les autres cités.
Qu’on ne donne à la maladie aucune occasion de pénétrer dans votre ville de Cahors.
En effet, dans les localités voisines de la région touchée par le mal, des gardes ont été placés de manière que personne n’ait le droit d’entrer pour vendre ou pour acheter.
Si vous ne prenez pas de précautions, il y aura danger de mort.
En outre, en vous transmettant mon salut avec la vénération que je vous dois, je vous demande de bien vouloir vous souvenir dans vos prières de ma pauvreté, maître vénérable.


   
Pages 1 - 2 - 3 - 4 - Bibliographie