Vierves
Géographie
Les HAIES
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Les premières haies apparaissent vers le 12ème
siècle : l'élevage bovin se développe, les troupeaux
communautaires sont remplacés par des troupeaux individuels et des
haies sont plantées pour limiter les parcelles et empêcher
les animaux d'aller paître chez les voisins.
Les essences étaient prélevées dans les bois environnants.
Outre
la délimitation des propriétés individuelles et la protection
contre la divagation, les haies assurent, pour un minimum d'entretien, la
production de bois de chauffage et fournissent de petits fruits : noisettes,
prunelles, mûres.
Remarque : les haies spontanées existent aussi :
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en bordure d'un fossé ou d'un ruisseau s'établissent
en quelques années des haies d'aulnes ou de saules par apport de
graines ou rejets.
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ailleurs, à l'extrémité de pentes non
labourables, on a entassé des pierres et des souches qui sont colonisées
par des pruneliers, des aubépines, puis des chênes et des noisetiers
que les écureuils ou les geais ont ensemencés.
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d'autres, plus rares, sont des reliques forestières
: au Moyen-Age, quand on défrichait un bois, on conservait sa lisière,
surtout se celle-ci correspondait à une limite (chemin par exemple).

Ces
haies se caractérisent par de nombreuses espèces herbacées
forestières (lamier jaune, jacinthe des bois, anémone sylvie)
et du houx.
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Fin 14ème siècle : guerres, épidémies
et rigueur climatique entraînent un reflux agricole : la forêt
regagne du terrain.
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Vers le 18ème siècle - 19ème siècle,
on assiste à un nouvel essor du monde rural. Les gros propriétaires
sont à la tête d'immenses domaines restés en friche.
Ils morcellent les terres pour y établir des colons et plantent donc
des haies.
On appelle bocage la juxtaposition de haies et de surfaces cultivées.
B. Ses fonctions.
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La haie est un coupe vent. Une haie en bon état
protège pré et champs sur une longueur égale à
20 fois sa hauteur (un mur, 2 à 3 fois seulement).
La protection optimale est obtenue quand 50% du vent la traverse et 50%
est dévié vers le haut. Une déviation plus forte entraîne
des tourbillons derrière la haie et des dommages aux cultures, principalement
aux céréales qui sont couchées sur le sol.

La diminution de la vitesse du vent réduit l'influence desséchante
de celui-ci. S'il y a trop de vent, la plante réduit sa respiration
pour épargner son eau et pousse moins vite.
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La haie intervient dans le cycle de l'eau :
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Elle a une fonction antiérosion : elle s'oppose
au ruissellement superficiel qui entraîne les particules du sol,
favorise la pénétration en profondeur, augmente donc les
quantités stockées dans les nappes phréatiques
et diminue l'approvisionnement des rivières tout en réduisant
les risques d'inondation (arrivage mieux réparti dans le temps).
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Elle réduit l'évapotranspiration (réduction
de 25 à 30%).
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Elle améliore l'arrosage par dispersion.
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Elle diminue la sécheresse.
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Elle contribue à l'assèchement des sols
trop humides grâce au pompage par les racines, surtout au printemps.
Ceci entraîne un réchauffement des sols.
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La haie facilite la pollinisation (elle est riche en insectes).
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Elle engraisse le sol en matières organiques (chute
des feuilles).
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Elle diminue les écarts entre températures
nocturne et diurne en maintenant l'humidité de l'air.
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Elle protège le bétail contre la pluie et
le soleil. La destruction des haies entraîne une diminution du rendement
laitier des animaux exposés au vent ou privés d'ombre.
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Elle augmente la productivité (surtout des herbages
et des arbres fruitiers).
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Elle a fourni un habitat de substitution et de refuge pour
la faune sauvage au fur et à mesure que la forêt primaire était
morcelée et que l'agriculture se faisait de plus en plus intensive.

La haie a cependant aussi des inconvénients :
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Elle augmente la température diurne en climat sec
(jusqu'à 5°C) conséquence : les plantes brûlent.
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Elle augmente les risques de gelées printanières
par stagnation accrue de l'air.
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Elle gêne le pâturage par accumulation de
feuilles mortes.
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Elle prélève les sels minéraux des
cultures.
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L'ombre réduit les surfaces cultivables.
C. La diversité de la flore et de la faune.
Plus
une haie est vieille, plus les espèces végétales sont
variées (jusqu'à 300 plantes sur un même talus breton).
On estime que chaque siècle apparaît une essence d'arbre ou de
buisson.
Pour découvrir l'âge d'une haie, on compte le nombre d'arbres
différents sur 30 mètres : 5 = 500 ans, 8 = 800 ans, etc. Dans
la région de Vierves, les haies sont trop récentes pour pouvoir
utiliser cette règle.
Les nouvelles haies sont droites et plantées d'aubépines.
Dans une haie naturelle indigène, on trouve de nombreuses espèces
: aubépine, hêtre, fusain, sorbier, prunellier, troène,
sureau, framboisier, charme, noisetier, groseillier,
L'avantage est que si le feu bactérien se développe (il est
dû aux fruits qui pourrissent), il n'attaque pas tout et le racloyeu
enlève les espèces atteintes.


Il y a aussi des plantes grimpantes et des lianes qui utilisent d'autres
plantes comme support et n'ont donc pas besoin de tiges vigoureuses. Ces végétaux
mettent toute leur énergie à pousser vers le soleil. Citons
par exemple :
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le chèvrefeuille qui s'entoure autour des branches
dans le sens des aiguilles d'une montre. Cette liane s'entoure aussi autour
des troncs des arbres jeunes et compromet leur croissance.
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le liseron.
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le lierre, liane avec des racines crampons qui possède
deux types de feuilles : palmatrilobées pour les tiges rampantes
avec crampons et ovales pour les tiges libres qui en automne portent les
inflorescences.
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la clématite, liane qui s'entoure uniquement par
le pétiole bouclé aux tiges voisines et n'étrangle
donc pas les troncs.
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les ronces (mûres) qui se cramponnent au support par
leurs piquants recourbés.




Au pied de la haie se développent des espèces herbacées
(lamier, ortie, ficaire, cerfeuil sauvage), des fougères, des graminées
et des mousses.


Parmi les animaux, on trouve : insectes, limaces, araignées, batraciens,
vers, orvets, oiseaux (mésange, fauvette, merle, grive, rouge-gorge,
troglodyte, chouette, etc.), petits mammifères insectivores ou carnivores
qui protègent les cultures (campagnol, mulot, musaraigne, lérot,
hermine, belette, hérisson,
).





Dans une haie, de nombreuses chaînes alimentaires s'entrecroisent.
Une haie n'est donc pas un milieu clos et isolé.
Au sein d'une même haie, des zones ensoleillées jouxtent des
zones d'ombre, la sécheresse répond à l'humidité,
l'humus est abondant ou absent
La haie est un carrefour de plusieurs milieux (forêt, prairie, champ).
C'est un refuge et un garde-manger tout en étant une mini-réserve
d'un grand intérêt biologique.
D. La destruction des haies.
Elle s'explique par :
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le remembrement : élargissement des champs cultivables
pour permettre les nouvelles pratiques agricoles
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le développement du réseau routier
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l'implantation de zones industrielles et d'habitat (avec
plantations à caractère exotique)
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certaines maladies (champignons, insectes ravageurs comme
les gales, etc.).
Dans le temps, dans cette région, le " racloyeu " s'occupait
de la construction et de l'entretien des haies. Il la plantait et orientait
les branches pour réaliser un filet. Il fallait 3 ans pour faire une
haie.
Sa renommée était telle qu'il prenait le train vers Namur avec
ses jeunes plants.