Vierves
Géographie

 

Les HAIES

 

A. Historique.

Outre la délimitation des propriétés individuelles et la protection contre la divagation, les haies assurent, pour un minimum d'entretien, la production de bois de chauffage et fournissent de petits fruits : noisettes, prunelles, mûres.

Remarque : les haies spontanées existent aussi :

Ces haies se caractérisent par de nombreuses espèces herbacées forestières (lamier jaune, jacinthe des bois, anémone sylvie) et du houx.

 

B. Ses fonctions.

  1. La haie est un coupe vent. Une haie en bon état protège pré et champs sur une longueur égale à 20 fois sa hauteur (un mur, 2 à 3 fois seulement).
    La protection optimale est obtenue quand 50% du vent la traverse et 50% est dévié vers le haut. Une déviation plus forte entraîne des tourbillons derrière la haie et des dommages aux cultures, principalement aux céréales qui sont couchées sur le sol.

La diminution de la vitesse du vent réduit l'influence desséchante de celui-ci. S'il y a trop de vent, la plante réduit sa respiration pour épargner son eau et pousse moins vite.

  1. La haie intervient dans le cycle de l'eau :
  2. La haie facilite la pollinisation (elle est riche en insectes).
  3. Elle engraisse le sol en matières organiques (chute des feuilles).
  4. Elle diminue les écarts entre températures nocturne et diurne en maintenant l'humidité de l'air.
  5. Elle protège le bétail contre la pluie et le soleil. La destruction des haies entraîne une diminution du rendement laitier des animaux exposés au vent ou privés d'ombre.
  6. Elle augmente la productivité (surtout des herbages et des arbres fruitiers).
  7. Elle a fourni un habitat de substitution et de refuge pour la faune sauvage au fur et à mesure que la forêt primaire était morcelée et que l'agriculture se faisait de plus en plus intensive.

La haie a cependant aussi des inconvénients :

C. La diversité de la flore et de la faune.

Plus une haie est vieille, plus les espèces végétales sont variées (jusqu'à 300 plantes sur un même talus breton). On estime que chaque siècle apparaît une essence d'arbre ou de buisson.
Pour découvrir l'âge d'une haie, on compte le nombre d'arbres différents sur 30 mètres : 5 = 500 ans, 8 = 800 ans, etc. Dans la région de Vierves, les haies sont trop récentes pour pouvoir utiliser cette règle.
Les nouvelles haies sont droites et plantées d'aubépines.

Dans une haie naturelle indigène, on trouve de nombreuses espèces : aubépine, hêtre, fusain, sorbier, prunellier, troène, sureau, framboisier, charme, noisetier, groseillier,…
L'avantage est que si le feu bactérien se développe (il est dû aux fruits qui pourrissent), il n'attaque pas tout et le racloyeu enlève les espèces atteintes.

Il y a aussi des plantes grimpantes et des lianes qui utilisent d'autres plantes comme support et n'ont donc pas besoin de tiges vigoureuses. Ces végétaux mettent toute leur énergie à pousser vers le soleil. Citons par exemple :

Au pied de la haie se développent des espèces herbacées (lamier, ortie, ficaire, cerfeuil sauvage), des fougères, des graminées et des mousses.

Parmi les animaux, on trouve : insectes, limaces, araignées, batraciens, vers, orvets, oiseaux (mésange, fauvette, merle, grive, rouge-gorge, troglodyte, chouette, etc.), petits mammifères insectivores ou carnivores qui protègent les cultures (campagnol, mulot, musaraigne, lérot, hermine, belette, hérisson,…).

Dans une haie, de nombreuses chaînes alimentaires s'entrecroisent.

Une haie n'est donc pas un milieu clos et isolé.
Au sein d'une même haie, des zones ensoleillées jouxtent des zones d'ombre, la sécheresse répond à l'humidité, l'humus est abondant ou absent
La haie est un carrefour de plusieurs milieux (forêt, prairie, champ).
C'est un refuge et un garde-manger tout en étant une mini-réserve d'un grand intérêt biologique.

D. La destruction des haies.

Elle s'explique par :


Dans le temps, dans cette région, le " racloyeu " s'occupait de la construction et de l'entretien des haies. Il la plantait et orientait les branches pour réaliser un filet. Il fallait 3 ans pour faire une haie.
Sa renommée était telle qu'il prenait le train vers Namur avec ses jeunes plants.



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M. Hamelrijckx Novembre 2005 Athénée des Pagodes

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